The Little Match Girl

Tableau choral d'après le conte d'Andersen "La petite fille aux allumettes"

Pelle Gudmundsen-Holmgreen (1932-2016)

“Three Stages”

Michael Gordon (né en 1956)

“He saw a skull"

David Lang (né en 1957)

"The little match girl passion"

Arvo Pärt (né en 1935)

"Morning Star" 

 

Macadam Ensemble

12 chanteurs et chef

Nathalie Guimbretière, création vidéo

 

Avec son nouveau projet The Little Match Girl (La Petite Fille aux allumettes), Macadam Ensemble signe un tableau choral original s'appuyant sur le célèbre conte d'Hans Christian Andersen. À partir des éléments descriptifs du conte et de sa symbolique, la musique de ce concert participe à l'élaboration d'un paysage sonore pour un conteur imaginaire. Élément central de ce concert, l'œuvre de David Lang The Little Match Girl Passion cite intégralement le conte, avec des ajouts tirés de textes de Picander et Saint Matthieu. De part et d'autre de cette pièce, la musique de Pelle Gudmundsen-Holmgreen, Three Stages, installe le contexte danois avec ses crieurs de rue à Copenhague et permet d'entrer dans la psychologie tourmentée et les songes imaginaires de la petite fille aux allumettes. La musique de Mickael Gordon (membre du collectif Bang on a can comme David Lang) He saw a skull évoque, avec des effets impressionnants de masse chorale, la mort menaçante. Enfin, comme une conclusion poétique, Morning Star d'Arvo Pärt vient achever ce tableau en évoquant l'éternité au-delà de la mort.

Prolongeant le maillage littéraire mis en œuvre par David Lang dans The Little Match Girl Passion, ce programme cultive une ambiguïté intéressante entre sacré et profane : le conte lui-même pouvant être passé au prisme de l'un ou de l'autre.

La thématique de ce concert pose par ailleurs la question très contemporaine de notre relation aux inégalités sociales, à la pauvreté et à l'exclusion. Le média du conte est aussi un puissant vecteur de partage, notamment auprès des plus jeunes. 

Étienne Ferchaud 

 

Une de mes premières pistes de travail a été de vouloir donner une place à la poésie, à un état plus abstrait qui tendrait vers le merveilleux, malgré la dureté du conte. Cet état d’équilibre entre une image qui serait un support narratif en écho au texte de l’œuvre de David Lang et des visuels abstraits permet d’approfondir le rapport qu’a le conte avec nos propres représentations. 

Les œuvres choisies par Étienne Ferchaud comme prologue et épilogue au conte permettent de le mettre en perspective, et sont très importantes dans le sens où elles exploitent, musicalement, ce que je travaille avec l’image : le hors-champ et le décadrage. Ce hors-champ, qui pour moi permet de s’abstraire par moment de la figuration, fait partie du contexte du spectateur. Cela permet de se questionner sur la manière de représenter ce conte autrement, et sur la façon dont le spectateur peut projeter son propre imaginaire dans le tableau choral, musical et visuel représenté. Le choix d’additionner dessin, photographie et images filmées est envisagé pour répondre à cette problématique. Différents médiums pour différents niveaux de lecture de ce conte, mais également pour différents temps qui se superposent. 

L’univers apporté par le dessin fait écho aux comics, à la bande dessinée, autant de références qui placent la petite fille aux allumettes dans notre monde contemporain, non plus comme un objet du passé à contempler mais bien comme une histoire qui est à penser, à réactiver aujourd’hui, pour interroger dans le contexte social et politique actuel ce conte écrit il y a plus d’un siècle maintenant. 

Nathalie Guimbretière